Thérèse KIRONGOZI - Innovatrice et femme engagée

Rommel Mubenga - Initiative 243

Par Rommel MUBENGA

La femme d’aujourd’hui n’est plus simplement la femme super bonne épouse, super bonne cuisinière et super bonne mère. Un certain nombre (beaucoup même) de femmes ont envie et besoin de réussir (ont même déjà réussi).

En ce mois de mars « mois de la femme », je souhaite rendre hommage à toutes ces femmes par le biais d’une série d’article qui commencera par celui-ci.
La Congolaise Thérèse Kirongozi est l’une de ces femmes.

Si ce nom ne parle pas à tout le monde, il raisonne cependant dans la tête de tous les kinois quand il est évoqué.

Cette ingénieure de 43 ans est la chef de projet du « robot roulage intelligent » et directrice de l’association Women’s Technologies. Elle est tout simplement la « mère » de ces automates entièrement conçus et fabriqués à Kinshasa. Des androïdes qui réglementent actuellement la circulation routière dans certains carrefours de la ville de Kinshasa et de Lubumbashi en RD Congo.

Pourtant l’histoire de ce pur produit de l’école congolaise, ne la prédestinait en rien à une carrière d’inventrice et de chef d’entreprise.
Adolescente, la jeune et grande fille kinoise (déjà 1,93 m) avait tapé dans l’œil d’une agence de mannequins, alors qu’elle venait à peine de totaliser ses 20 ans. C’est ainsi que commence à se dessiner chez cette jeune fille l’espoir d’une existence douillette et rythmée par des défilés de mode, des séances photos aux quatre coins de la planète. Malheureusement, tout ceci fut trop beau pour être vraie. (Sources : Jeune Afrique)

C’est à ce moment qu’aura lieu le tournant de sa vie :

« Mon père m’a inscrit à l’ISTA* alors que je voulais poursuivre mes études en Europe, dans un autre domaine. Je pensais, que l’électronique industrielle n’était pas faite pour moi. Pourtant, au fil des mois, j’y ai pris goût. »

Thérèse Kirongozi

Elle en sort diplômée quelques années plus tard, nantie d’un diplôme d’ingénieur technicien en électronique industrielle (automation-programmation) qui lui permettra de concevoir plusieurs années plus tard les « robots roulages ».

Conçus en aluminium, ces robots mesurent 2,50 mètres et fonctionnent à l’énergie solaire. A la manière d’un agent de la circulation, ils pivotent, lève un bras, puis abaisse l’autre, ordonnant aux piétons de s’arrêter et aux véhicules de passer, tout en brandissant un feu rouge ou vert, ces robots diffusent également de la musique pour faire patienter les piétons. Véritable agent de la circulation, les robots régulateurs sont même programmés pour s’adresser « de vive voix » directement aux piétons et aux conducteurs, notamment pour les avertir d’un danger.

Après deux prototypes installés, trois robots « nouvelle génération » sont livrés à la capitale Kinshasa quelques mois plus tard, et cinq aux autorités de la province du Katanga, dont trois destinés à la ville de Lubumbashi.

Cette invention a fini aujourd’hui par valoir à Thérèse une reconnaissance internationale. Elle a en effet reçu en ce début d’année le Prix de l’innovation 2017-2018 lors de la “WorldSafe Awards” à Atlanta (USA) qui récompense son travail et engagement pour la sécurité routière.

Aujourd’hui Thérèse et sa société ne s’endorment pas sur leurs lauriers ; leur technologie se développe et évolue. « Le robot envoie à la police, en temps réel, les images filmées par ses caméras. Nous avons recours au faisceau hertzien, mais, à terme, nous comptons basculer vers la fibre optique. La transmission des images se fera beaucoup plus vite », a-t-elle déclaré.

Au travers de cet article nous avons voulu rendre hommage à Thérèse Kirongozi ainsi qu’à toutes les femmes qui se battent pour supprimer les clichés, ces femmes qui innovent, ces femmes qui brisent les plafonds de verre, bref…ces femmes qui osent.

Alors merci!

Merci à toutes les femmes qui ont fait et qui font avancer l’Histoire … puisqu’on a encore besoin de la faire avancer.

Et bravo!

Et bravo à toutes les femmes qui se battent (et qui se sont battues) au quotidien pour lutter contre les inégalités et le manque de respect.

Bravo à toutes les femmes qui subissent ces inégalités (parce qu’il en faut du courage pour ça !).

Bravo à toutes les femmes qui réussissent à « faire carrière ». Et bravo à toutes celles qui travaillent à la maison (parce que oui, c’est du travail).

Bravo à toutes les mamans qui prennent soin de leurs enfants…
Les mamans seules, les mamans qui ne savent pas comment elles vont payer le loyer ce mois-ci etc…

En fait, bravo à toutes les mamans, en difficulté ou pas, qui font chaque jour de leur mieux pour offrir la plus douce des vies à leurs enfants.

Et puis Bravo à toutes les femmes qui vivent leur vie comme elles l’entendent.

 

*ISTA : Institut Supérieur des Techniques Appliquées

 

Par Rommel MUBENGA

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